J’IRAI CHARGER CHEZ VOUS (EN E-ROUE), LE JOURNAL DE BORD D’UGO

Nous vous avions présenté dans un précédent article l’ambitieux projet du sympathique et aventurier UGO qui souhaitait parcourir 1 500 km en monocycle électrique entre Amsterdam et les Pyrénées du 27/09/15 au 18/10/15…. Et bien il l’a fait !

Ce dernier s’est effectivement lancé le 27 septembre à l’assaut des routes hollandaises sur sa roue électrique (gotway Msuper) et est arrivé le 15 octobre à Banios, dans les Pyrénées. Il a courageusement transmis chaque jour de ses nouvelles via son blog : jiraichargerchezvous.blogspot.fr

Il a aussi été relayé par le site des Numériques : LIRE L’ARTICLE DES NUMERIQUES

photo jiriachargerchezvous

Les publications et photos ci-dessous sont tirées du blog d’Ugo jiraichargerchezvous.blogspot.fr 

Dernier épisode : les Hautes-Pyrénées

Jeudi 15 octobre, 8h, réveil après une courte mais très bonne nuit dans la caravane, je prends le petit-déjeuner en attendant quatre cyclistes qui vont m’accompagner pour les 67 derniers kilomètres restant jusqu’à Banios, petit village des Hautes-Pyrénées, où j’ai grandi jusqu’à mes 20 ans.

C’est avec deux heures de retard que nous partons en fin de matinée. Ce n’est pas très adapté de rouler avec des vélos : en descente je dois rouler à fond, bips en continu, pour ne pas me faire semer, et en montée je vais très lentement pour les attendre. Au moins, c’est assez économique comme conduite, d’autant plus que je prends régulièrement leur aspiration pour éviter de faire face au vent.
Avec André, Michel, Gwenaël et Benjamin.
Nous arrivons à 13h à Montréjeau, où je repère au milieu d’une place, un placard électrique, utilisé certainement les jours de marché, avec quatre prises en libre accès. Nous en profitons pour faire la pause casse-croute pendant que la roue charge une petite heure.
Je rajoute la prise électrique sur l’application 220volts, que j’ai eu l’occasion d’utiliser à plusieurs occasions pendant mon périple, puis nous repartons sur la grosse départementale qui nous fera quitter la Haute-Garonne quelques bornes plus loin.
Arrivé 18 jours après le départ d’Amsterdam.
Nous entrons dans notre département, qui sera pour ma part le vingtième traversé depuis la frontière à Maubeuge. Il ne reste plus que 30 km : d’abord beaucoup de faux plats montants, puis une très grosse descente, et enfin le plus difficile pour la fin : 470 mètres de dénivelé à monter !

La petite heure de charge pendant la pause casse-croûte ne sera pas suffisante pour arriver à bout de cette étape, je pousse régulièrement la roue lorsque ça grimpe trop fort pour l’économiser, et aussi pour attendre les quatre cyclistes qui sont à bout de souffle. Ils n’ont pas l’entraînement nécessaire pour parcourir une telle distance, et même en marchant je finis par prendre beaucoup d’avance. Je m’arrête une demie-heure pour les attendre, pendant que ma roue bénéficie d’une mini-recharge dans le hangar d’une personne que je connais.

Puis c’est reparti pour la dernière ligne droite (avec beaucoup de virages), il ne reste que cinq kilomètres. Je ne me rends pas vraiment compte que je suis en train d’arriver dans mon village natal après avoir parcouru plus de 1500 kilomètres depuis les Pays-Bas en monocycle électrique…

Avec mon père et André, à 200 mètres de l’arrivée.
Ça y est, c’est la fin ! Je passe devant la fromagerie de mes parents, le chien m’accueille en essayant de mordre la roue pour jouer, je vais à l’étable pour rendre une visite aux chèvres, et enfin je retrouve ma chambre, où ma roue et moi, inséparables, allons passer une bonne nuit.

NUIT 19 : J’ai chargé chez mes parents.

Avec mes parents dans leur fromagerie à Banios.
  • 18 jours de voyage dont seulement 3 jours de mauvais temps.
  • De 60 à 110 km par jour.
  • Environ 1600 kilomètres à travers 3 pays.
  • En France : 8 régions / 20 départements : 59, 02, 60, 77, 93, 75, 94, 91, 45, 18, 58, 03, 63, 19, 15, 46, 82, 31, 09, 65.
  • 41 arrêts : 29 recharges complètes + 10 recharges complémentaires + 2 pauses sans électricité.
  • Environ 202 heures de recharge sur 39 prises électriques.
  • 10 kg de perdus.
  • Aucun accident, aucun problème technique.
  • Gotway 18″ MSUPER : roue testée et approuvée 100% fiable !

Merci de m’avoir suivi, aidé et encouragé.

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A SUIVRE :
Nous irons charger chez vous, de Dakar à Tambacounda, en Avril 2016.
Prochain voyage au printemps 2016 : informations prochainement sur les Wheelers de Paris.
Mercredi 14 octobre, 18h30, Nam m’accompagne avec sa roue électrique, et son fils court derrière nous dans la grosse montée.
Près du village de Latrape, avec Nam, et Ethan qui court loin derrière.
Ce n’est pas très raisonnable d’attaquer une si forte pente dès le départ, sachant qu’il me reste encore 55 kilomètres, avec une majorité de faux plats montants jusqu’à Ganties où je vais dormir ce soir. Je roule doucement pour ne pas perdre un voyant dès le premier kilomètre, et arrive en haut de la colline sur un chemin de terre avec une belle vue sur la vallée du Camedon. Une belle et longue descente me permet de regagner de l’énergie, et j’atteins la départementale qui suit le petit ruisseau dans la vallée. J’arrive à Rieux-Volvestre, une belle petite ville au style médiéval avec une cathédrale dont le clocher me fait penser de loin à la tour de Pise. Je retrouve plus loin la Garonne que je longe de plus ou moins près et que je traverse à plusieurs reprises.
J’ai à peine fait la moitié du chemin, il fait déjà nuit, je m’arrête pour mettre mon coupe-vent, et installer les diodes afin de me faire voir par les voitures. Les piles de ma lampe torche fonctionnent toujours, alors que j’ai l’impression de l’avoir utilisé bien plus que ce que l’autonomie indiquée annonçait. Par précaution je ne l’allume qu’en cas de nécessité et roule dans l’obscurité en suivant la ligne blanche au milieu de la route que je distingue à peu près. Le téléphone et la roue aussi ont des batteries qui fatiguent, notamment à cause du froid. Je parcours les vingt derniers kilomètres en mode économique, le smartphone en mode avion, et je pousse la roue en marchant dès la moindre montée, parfois totalement dans l’obscurité. J’ai vraiment l’impression que je vais devoir terminer à pied. En plus je ne sais pas exactement où je vais, car ça fait très longtemps que je n’ai pas été chez André et Marie-Andrée, et de nuit je suis certain de ne pas reconnaitre.
Il est 22h, ça n’avance pas vite, André me demande par SMS où j’en suis, et me propose de me rejoindre pour m’indiquer la route.
Il arrive à temps en voiture, juste avant l’entrée du chemin pour accéder à leur maison que je n’aurais jamais trouvé tout seul. Je suis quasiment arrivé, je me permet de reprendre un peu de vitesse pour suivre la voiture-guide, en puisant le peu d’énergie restant.
Un bon repas tardif et bien mérité m’attend, puis je m’en vais passer la nuit dans leur caravane.
NUIT 18 : J’ai chargé chez André et Marie-Andrée.
 
Avec André et Marie-Andrée, à Ganties.
 

La Haute-Garonne et l’Ariège

Mardi 13 octobre, 17h30, avant de quitter Montauban je regarde rapidement le parcours qui m’attend jusqu’à Toulouse : une ligne droite de quasiment cinquante kilomètres ! Ça me fait peur, je sens que je vais devoir longer une nationale très désagréable pendant trois heures. Un peu comme on pourrait appréhender une arrivée en vélo à Paris, j’avais un peu peur que l’accès à Toulouse, quatrième plus grosse ville de France, soit assez laborieux. Mais pas du tout, c’est pareil que la capitale, il suffit d’arriver par le bon endroit. L’interminable ligne droite que je voyais sur la carte n’est en fait qu’un chemin de halage au bord d’un canal latérale à la Garonne. Je vais parvenir à la ville rose de la même manière que le canal de l’Ourcq m’avait conduit à Paris.
C’est assez monotone, pratiquement aucun virage, et plus ou moins le même paysage défile pendant deux heures. Au fur et à mesure que j’approche de l’agglomération, le bruit et la densité des routes et des constructions s’intensifie. J’arrive de nuit dans une banlieue mal éclairée, je passe dans des zones assez sinistres, sous des ponts où il y a de nombreuses caravanes et tentes avec des clochards, des bandes de jeunes qui rôdent, et des groupes de marginaux avec des chiens qui hurlent à mon passage. Ce n’est pas très rassurant, je fonce tête baissée, dans ma bulle avec ma musique, en ignorant tout ce qui se passe autour de moi.
J’atteins la capitale de la Haute-Garonne, traverse à deux reprises le fleuve et arrive enfin chez Naïck un étudiant Toulousain, chez qui Rémi, un ami de longue date, squatte depuis quelques semaines. Je suis venu à bout de ces 110 kilomètres de justesse, en utilisant les deux charges jusqu’à la dernière goutte d’énergie.
 
Câlin avec Rémi, Naick et le bébé de 20 kg.
NUIT 17 : J’ai chargé chez Naïck et Rémi.
Mercredi 14 octobre, 8h, je quitte l’appartement en même temps que les deux amis Toulousains partent travailler, et m’en vais en direction du sud-ouest, en traversant avec difficulté des zones industrielles. Au bout d’une heure de traversée laborieuse de la banlieue sud, j’arrive enfin sur un chemin de terre dans les champs. Mais ce repos sera de courte durée, car très rapidement je suis contraint de rejoindre une départementale assez étroite et très fréquentée pendant une bonne vingtaine de kilomètres.
 
Il y a quelques jours, un wheeler m’avait proposé, par le biais d’internet, de m’accueillir pour une pause recharge à 45 kilomètres au sud-ouest de Toulouse. C’est donc chez cette personne, à Latrape, que je suis en train de me diriger pour faire la pause de mi-journée.
La route est longue, en ligne droite, avec un léger faux plat montant, et un vent de face glacial. Les conditions ne sont pas bonnes pour arriver à destination sans une petite recharge intermédiaire. Je m’arrête donc à Saint-Sulpice-sur-Lèze, au sud de la Haute-Garonne, dans un bistrot pour une recharge rapide de 45 minutes et me réchauffer le bout des doigts.
 
Je reprends la route et traverse très brièvement une péninsule de l’Ariège au milieu de la Haute-Garonne, à Lézat-sur-Lèze, de la même manière que j’avais traversé de nuit Bort-les-Orgues, situé dans une péninsule de la Corrèze au milieu du Cantal.
Ma roue est de nouveau à bout de souffle à cause du vent et des pentes de la vallée de la Lèze, je grimpe à pied la colline où est perché le village de Latrape, où je rejoins Nam et son Airwheel. A ma surprise, ce n’est en fait pas un wheeler mais une wheeleuse ! Il y a très peu de femme dans notre communauté, et j’en rencontre une dans cet endroit perdu.
Je suis accueilli par Ethan son fils de 10 ans, qui me fait une visite très détaillée de sa grande maison, de la mezzanine au grenier en passant par le moindre petit placard à chaussure. Puis nous prenons l’apéro avant de passer à table.
C’est une pause recharge qui a démarré un peu tard, et m’obligera à ne reprendre la route qu’en début de soirée. Ce sera donc une étape à la tombée de la nuit, qui me fera arriver chez André et Marie-Andrée, des amis de mes parents, qui habitent près de Saint-Gaudens.

mardi 13 octobre 2015

Le Lot et le Tarn-et-Garonne

Mardi 13 octobre, 3h, je suis réveillé en pleine nuit par une petite pluie fine, la température s’est rafraîchie. La roue est chargée, je décide d’avancer quelques kilomètres pour finir la nuit à l’abri. Je repère une grange au bord de la route, dont le grenier est rempli de foin en vrac qui fait une très confortable literie.
 
Je me réveille à 8h au lever du jour, je plie mon sac de couchage et continue ma route à travers le département du Lot, puis arrive rapidement dans le Tarn-et-Garonne. Rien de palpitant sur ce tronçon, le ciel est gris, la route n’est pas géniale… Je passe la rivière de l’Aveyron puis celle du Tarn en arrivant à Montauban.
Je traverse le centre-ville en me faisant une fois de plus repérer par les passants, à cause des bips de la roue qui arrive en fin de charge. En arrivant dans une grande zone commerciale, les quatre voyants se mettent à clignoter en même temps, cette fois c’est vraiment la fin. Ça tombe bien, à 50 mètres il y a encore un Mac Do. Je pousse la roue pour les derniers mètres, entre les lamas et les dromadaires qui broutent la pelouse où s’est installé un cirque, et je rentre dans le fast-food où je suis accueillis avec un fort accent du sud-ouest, dans une décoration sur le thème du rugby. C’est bon, je ne me suis pas trompé de région pour ce quatrième et probablement dernier épisode de “J’irai charger chez Mac Do”.
Voilà à quoi devrait ressembler le trajet définitif…
 
Mes prochaines destinations pour dormir et charger sont plus ou moins planifiées, je peux arriver au bout en quatre fois dans le meilleur des cas. Probablement plutôt cinq, car à la fin ça va grimper dans les montagnes…

Dimanche 11 octobre 2015

Dimanche 11 octobre, 5h30, après quelques petites heures de mauvais sommeil sous les escaliers qui mènent au sous-sol, je me réveille et abandonne mon squat pour reprendre la route dans un épais brouillard glacial, m’empêchant de voir plus loin que deux lignes blanches au milieu de la route. Les piles de ma lampe peuvent tomber en panne à tout moment dans cette obscurité, et la ville suivante est à 30 kilomètres.

Je n’y vois tellement rien que je ne me rends même pas compte de l’inclinaison de la route. C’est en arrivant à Mauriac que je me rends compte que j’ai grimpé 500 mètres de dénivelé cumulé, à 25 km/h de moyenne. La batterie a besoin d’un peu de jus pour continuer, et pour la première fois on me refuse l’utilisation d’une prise dans un café. Tant pis pour lui, il n’a aucun client en plus. Pas facile de trouver quelque chose d’ouvert à 7h30 un dimanche matin, mais je finis par trouver un hôtel restaurant où l’on accepte que je me branche derrière le bar.

Après deux heures de charge, un café et un sandwich, je quitte Mauriac et descends une vallée me permettant de gagner encore un peu plus d’autonomie. Je remonte l’autre flanc par une longue pente à pied, plutôt pour me réchauffer que par soucis d’économie cette fois.
Puis j’arrive assez vite dans la ville de Pleaux par une petite départementale. Je repère immédiatement des toilettes publiques, où je peux recharger la roue tout en déchargeant le bonhomme de quelques kilos non négligeables qui feront peut-être gagner en autonomie… Je suis devenu tellement bon en repérage d’électricité que j’en oublierais d’aller manger au restaurant !

Pause recharge aux toilettes publiques de Pleaux.
Vous pouvez regarder cette vidéo qui a été tournée dimanche dernier lors de mon passage à Paris, où l’on me voit faire la brouette… quant à la vidéo de mon voyage que vous attendez, je suis désolé mais ça ne sera pas pour tout de suite, je n’ai pas trop le temps ni la motivation pour ça.

Samedi 10 octobre 2015

La Corrèze et le Cantal

Samedi 10 octobre, 17h, je quitte la gare du Mont-Dore, et continue la descente vers La Bourboule. Je passe près d’une source d’eau chaude où mon frère m’avait conseillé d’aller me baigner, mais il est trop tard. J’aimerais descendre en altitude le plus possible en espérant qu’il fasse moins froid plus bas, au cas où je dormirais à l’arrache, ce qui me semble probable.
Ça ne fait que descendre, je ne me souvenais pas avoir monté autant de dénivelé. J’ai beau parcourir des dizaines de kilomètres, les témoins du niveau de charge ne s’éteignent pas, j’en regagne même un en arrivant en Corrèze. Si ça continuait de descendre comme ça, je pourrais rouler toute la nuit sans charger.
J’ai laissé tomber l’idée de m’inviter chez les gens, mais je n’ai pas pour autant succombé à la facilité d’aller à l’hôtel. J’aurais aussi pu aller dans le premier bar à l’entrée de la ville, qui fermait cinq heures plus tard, mais non, j’ai décidé de jouer à mon jeu favori : la chasse à la prise électrique sauvage. Et ce soir, la ville de Bort-les-Orgues, en Corrèze, m’a donné du fil à retordre. Je me suis mis dans la peau d’un cambrioleur avec ma lampe torche, sauf que moi je ne casse rien, je ne vais que là où c’est ouvert, et je ne me sers que d’un petit kilowatt-heure, soit environ 5 centimes d’euros. Après avoir rendu visite aux toilettes publiques, à une aire de camping-car, une dizaine de sous-sol et garages abandonnés, plusieurs entrées d’immeubles, des jardins de pavillons, un hôpital, un musée, une église… j’étais à court d’idée. Et toujours pas de prise en état de fonctionnement. J’ai la sensation que cette ville est en ruine, j’ai accès à plein d’endroits, mais sans succès.
Je finis par me faire interpeller par un monsieur, pensant que son voisin se fait cambrioler, qui me propose de me dépanner en électricité mais refuse que je dorme chez lui, pas même dans le garage. Je poursuis mes recherches et finis par trouver une prise en bon état dans le garage d’un particulier resté ouvert. Mais je n’ose pas m’y installer, le propriétaire pourrait rentrer de soirée à tout moment, ça pourrait ne pas lui plaire, ou alors je pourrais me retrouver enfermé dans le garage si son retour éventuel ne me réveillait pas… Je garde quand même l’adresse en tête au cas où et je repars. Je finis par m’installer dans le sous-sol d’un immeuble, très propre par rapport à tout ce que j’ai pu visiter jusqu’ici, avec plusieurs prises disponibles dans les parties communes. Je ne vais pas très bien dormir, mais au moins demain matin je partirai tôt.
 

Vendredi 9 octobre 2015

Le Puy-de-Dôme

Vendredi 9 octobre, 8h, je garde un rythme matinal, et attaque la route dans un froid glacial. Le soleil vient tout juste de se lever, les prés et les étangs sont couverts d’une brume matinale. Avant de partir Marc m’a conseillé un itinéraire, que je n’ai pas vraiment suivi, à tort car je finis dans la cour d’une ferme en me prenant les jambes dans une clôture qui barre le chemin, accaparé par l’écran de mon smartphone. Heureusement le fil n’est pas électrique, au grand regret d’une vache qui m’observe avec son air blasé de bovin.
Il n’y a personne dans cette région, quels que soient les circuits empruntés, je rencontre bien plus de troupeaux de vaches que de voitures. Ce n’est qu’en arrivant à Gannat, au sud de l’Allier, que je retrouve la civilisation. Il est encore tôt, je prends le temps de parcourir la ville de long en large pour repérer un restaurant où je pourrais charger pendant les cinq prochaines heures. Cette ville est très agréable et sociable, les gens semblent tous être sympathiques et beaucoup m’interpèlent à propos de mon engin. Il faut ouvrir une boutique eRoue à Gannat ! Le centre-ville est rempli de commerce en tout genre, et je finis par rentrer dans un bistrot qui fait restaurant, où j’interromps cinq chasseurs accoudés au comptoir dans leurs discussions passionnantes. Je m’installe dans un coin près d’une prise électrique et me distrais avec leurs conversations, qui me font penser au célèbre sketch des inconnus avec les bons et les mauvais chasseurs, ça parle sans cesse de chiens, de lièvres et de cartouches avec un accent pas toujours simple à comprendre.
J’ai déjà fait la moitié du chemin prévu aujourd’hui, il me reste moins de 45 kilomètres jusqu’à Clermont-Ferrand, mais je vais quand même attendre la fin complète de la charge car j’ai encore plus de 200 mètres de dénivelé à monter.
Avant de repartir, je prends une dernière mousse en lisant l’article que Bruno vient de publier à propos de mon voyage sur Les Numériques
Vendredi 9 octobre, 17h, après être resté six heures sagement dans un coin du restaurant, j’explique aux curieux présents au bar comment fonctionne mon bolide et quel est le but de mon voyage. Décidément, les gens ici sont vraiment tous très sympathiques, je décerne à Gannat la palme de la ville la plus accueillante de mon périple. S’il avait fallu trouver où dormir ici, je pense que je n’aurais pas eu trop de mal.
Je quitte la ville, et le département par la même occasion, par une grosse départementale en ligne droite pendant des kilomètres. J’emprunte le bord de la route au côté du flot de véhicules, en alternant parfois avec les chemins en parallèles qui longent les champs de culture. Je commence à apercevoir au loin les montagnes du massif central que je vais devoir franchir demain.
Rien d’intéressant jusqu’à Clermont-Ferrand, j’avance à vive allure, et parcours ainsi près de 45 kilomètres en moins de deux heures, avec le bruit des voitures et des triple-bips de la roue du début à la fin !
La cathédrale de Clermont-Ferrand.
Je fais la course avec le tramway et arrive dans le centre-ville chez mon frère, qui habite une belle rue piétonne en pente, où je consomme les derniers watts-heure restants.
NUIT 13 : J’ai chargé chez mon frère.
 
Avec Mathéou à Clermont-Ferrand.
Samedi 10 octobre, 9h30, j’abandonne mon frère qui s’en va ramasser des champignons avec ses amis, et quitte Clermont-Ferrand en attaquant d’emblée la montagne à l’Ouest de la ville, en direction du volcan du Puy de Dôme. Si je veux réussir à traverser la chaîne de montagnes sans devoir recharger tous les 30 kilomètres, je suis conscient qu’il faut que j’y aille tranquillement dans les montées, quitte à faire de la marche à pied de temps en temps.
Je n’ai pas encore quitté l’agglomération que j’ai déjà perdu un de mes quatre voyants dans une rue en pente très forte. Immédiatement, je descends et emprunte un chemin de randonnée pédestre balisé qui monte raide dans la forêt.
Quelques centaines de mètres de dénivelé plus haut, j’arrive sur un plateau et déploie les pédales pour repartir en roulant.
Il est déjà 11h, je n’ai fait qu’une dizaine de kilomètres dont une bonne partie à pied. Hier à cette heure ci, j’avais déjà commencé la charge de la mi-journée. Je ne suis pas en avance mais ce n’est pas grave, je profite du beau temps et des chemins agréables en forêt. Je prends le temps de discuter avec quelques cyclistes qui, contrairement aux Parisiens, ne me traitent pas de feignant mais voient dans ma discipline une certaine forme d’effort. En fait, les gens semblent être agréables dans tout le département.
Je continue ma traversée dans des paysages plus sublimes les uns que les autres, en alternant marche à pied et roulage, en fonction de la pente et du type de chemin, afin d’optimiser au mieux la distance que je vais parcourir cette première moitié de journée.
Je parviens en début d’après-midi au col de Guéry qui culmine à 1268 mètres d’altitude, avec une batterie en manque d’énergie. Heureusement, une grande descente régénératrice m’attend. Et même si ça ne recharge pas aussi bien qu’une prise électrique, ça a au moins l’avantage de ne rien consommer.
Il est déjà 14h, j’arrive au Mont-Dore, petite ville dans une vallée près du Puy du Sancy, point culminant du massif central où la Dordogne prend sa source. C’est un peu tard pour chercher un restaurant. Je rentre dans la petite gare pour voir s’il y aurait une salle d’attente avec une prise… Bingo, il y en a même plusieurs, avec des chaises et une table. Je m’installe et ne verrai personne de toute l’après-midi. Il n’y a qu’un train par jour qui part de cette gare, et même lorsque celui-ci arrive, il n’y a toujours personne pour m’accompagner.
Je n’aurai pas le temps de recharger complètement la batterie, et de toute manière ce n’est pas la peine, il me reste beaucoup de descentes, et il n’est pas conseillé, parait-il, de régénérer une batterie déjà pleine.
Après trois nuits à la suite dans un lit, je n’ai rien prévu pour ce soir. C’est ma première étape en montagne, je n’ai donc pas vraiment idée de la distance que je serai capable de parcourir aujourd’hui. Je dormirai là où la roue décidera de s’arrêter ce soir…

Pause en Ile-de-France

Samedi 3 octobre, 10h, réveil en pleine forme après quasiment onze heures de sommeil, et comme à chaque fois que je suis bien installé, le démarrage de ma journée est plus long. Je quitte les lieux après le petit-déjeuner, peu de temps avant midi. Vincent m’accompagne avec son Ninebot pour un petit tour dans le centre de Meaux, puis nous parcourons ensemble une dizaine de kilomètres le long du canal de l’Ourcq. L’autonomie de sa roue ne lui permettant pas de me suivre plus loin, nous nous saluons, puis je poursuis mon aventure solitaire jusqu’à Paris sans jamais quitter ce long canal.
Je franchis le périphérique parisien à 14h30 et arrive dans le parc de la Villette, où trois amis wheelers me rejoignent, fidèles à mes aventures, tous les trois déjà présents lors du départ d’Amsterdam six jours plus tôt. Nous cherchons immédiatement un bar, notre principale occupation lorsque l’on ne roule pas, car j’ai besoin d’un peu de jus supplémentaire pour terminer la traversée de Paris jusqu’à chez moi.
Nous traversons la capitale du nord au sud, et après un passage chez un autre collègue de roue à Créteil, je finis pas arriver chez moi à la tombée de la nuit. C’était sensé n’être qu’une petite étape aujourd’hui, mais j’ai finalement quand même dépassé les 70 kilomètres.

Demain dimanche, au programme : grasse matinée, réorganisation de mes affaires, et après-midi “street wheel” avec d’autres wheelers qui m’accompagneront pour le départ de la seconde partie de l’aventure en fin d’après-midi.

Mercredi 7 octobre 2015

Le Cher, la Nièvre et l’Allier

Mercredi 7 octobre, 14h, ça fait cinq heures que je squatte le Mac Do et je n’ai mangé qu’un simple petit déjeuner peu copieux. Au moment de me lever pour commander un menu, je m’aperçois que le voyant est devenu vert, tant pis je n’ai pas vraiment faim, pas de temps à perdre, j’ai 60 kilomètres avant d’arriver à Nevers, où l’on m’attend.
Au début le GPS me fait traverser une forêt en brousse puis un champs labouré où il y avait certainement un chemin avant, mais là ce n’est plus évident. Je pousse la roue sur ce terrain impraticables, un peu en colère contre Google qui n’est pas toujours de bon conseil. Je finis par rejoindre la fameuse longue piste cyclable qui relie Nevers à Nantes par les bords de Loire. Pendant environ 40 kilomètres, je me crois de retour aux Pays-Bas, le circuit est très bien aménagé, ça donne envie de faire demi-tour pour aller jusqu’en Loire-Atlantique.
La Loire à vélo.
Je crains de ne pouvoir arriver à destination sans recharger de nouveau car je remonte la Loire et un vent fort me freine. Je reste la plupart du temps assis sur la boîte, incliné la tête en avant pour diminuer la prise au vent, et j’essaye de garder une vitesse raisonnable et constante. C’est efficace car c’est seulement à l’entrée de Nevers que je suis averti du manque d’énergie par les bips sonores continus. Je traverse la ville, pas très discrètement, d’Ouest en Est à vitesse réduite et j’arrive chez Célia, qui m’accueille dans son appartement pour la nuit.
Nous allons dans un bon restaurant qu’elle m’a conseillée, puis je me couche pour rattraper les deux moins bonnes nuits passées.
Nuit 11 : J’ai chargé chez Célia.
Avec Célia à Nevers.

 

mercredi 7 octobre 2015

A mi-chemin !

Mercredi 7 octobre, 5h, déjà réveillé, j’ai bien dormi et n’ai pas eu froid dans ma petite planque, je range mes affaires et repars de nuit sur mon bolide. Je longe un canal parallèle à la Loire pendant une vingtaine de kilomètres, sur un chemin où l’herbe haute me mouille les pieds. Le pneu glisse régulièrement sur le sol très humide et les cale-pieds trébuchent dans les ornières. La lumière de ma torche est remplacée petit à petit par le jour qui se lève, les cloches des églises et les cris des coqs retentissent dans la brise matinale. Au loin j’aperçois la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire, c’est laid mais c’est grâce à cette horreur que j’avance.
750 km derrière, 750 km devant…
Je traverse la Loire et m’arrête vers 8h30 à Cosne-Cours-sur-Loire pour un Mc Morning, encore dans le même fast-food. Décidément je vais finir par leur demander de me sponsoriser, il y en a partout, ça ouvre tôt le matin et ferme tard le soir, c’est bien pratique. J’en profite pour chercher un point de chute pour une éventuelle nuit à Nevers.
Bonne nouvelle avant de reprendre la route, je reçois une réponse positive sur le site Warm Showers pour un hébergement chez Célia. J’espère que cela rassurera tous ceux qui trouvaient mon aventure un peu rude par moment…

Mardi 6 octobre 2015

Mardi 6 octobre, 7h, après avoir un peu dormi je pars de nuit, mais à peine sorti du village, j’ai droit à une belle averse. Immédiatement je vais me mettre à l’abri sous un hangar, au milieu de matériels agricoles et de bottes de foin. La pluie ne s’arrête pas, je finis par m’allonger confortablement sur le foin et me rendors jusqu’à 9h.
Il y a de sombres nuages menaçants et beaucoup de vent, mais il faut avancer un peu, je ne vais pas rester dans ce trou perdu toute la journée.

 

Je me lance pour 40 kilomètres sur des routes plus ou moins grandes, puis finis par arriver en plein coeur du Loiret, batterie à plat, sans personne à l’horizon. Je marche pendant environ une heure en poussant la roue, je sonne aux rares maisons que je rencontre, sans résultat. Je me sens seul au monde, j’ai presque envie de passer par dessus un portail pour chercher une prise extérieure dans un jardin. Mais je continue de marcher encore un peu avant de passer à la méthode “cambrioleur” et finis enfin par trouver une ferme avec deux hommes qui m’autorisent à utiliser une prise dans le hangar. Il est déjà 13h, c’est un peu tard pour commencer une charge mais ça me permettra au moins d’avancer jusqu’à la ville suivante.
Je reste pendant plus de deux heures assis sur une palette en bois, à m’occuper comme je peux, sans réseau. La météo change vite, ça passe du ciel bleu à la grosse averse en quelques minutes. Je profite d’une accalmie pour repartir jusqu’à Briare, une très belle ville au bord de la Loire.
 
C’est la fin de l’après-midi, ma batterie est de nouveau presque vide, je ne sais pas trop quoi faire, il est trop tôt pour chercher où dormir, trop tard pour démarrer encore une nouvelle charge. Je me promène dans la ville en attendant d’avoir une idée, et traverse le fameux pont-canal.
Le pont-canal de Briare.
C’est alors que, sans chercher, je trouve une prise dans le même genre que la veille, dans une petite pièce entre une salle des fêtes et la mairie. Je commence à avoir le flair pour les détecter. Je me branche, mais il va faire nuit dans deux heures, le timing n’est vraiment pas terrible. Je sens que je vais encore passer la nuit dehors… ce n’est pas grave, je commence à avoir l’habitude, c’est un “J’irai charger chez vous” en mode très sauvage. Mais j’aime bien, c’est une expérience intéressante d’être dans la peau d’un SDF.
Demain soir, il faudra que je fasse un effort pour trouver un endroit au chaud, car une baisse de température est prévue…

Lundi 5 octobre 2015

Le Loiret

Lundi 5 octobre, 8h, après non pas une mais finalement deux nuits passées dans mon bon lit douillet, il est temps de reprendre la route.
Pour entamer cette deuxième partie de voyage, pas de difficulté particulière dans un premier temps puisque je suis en terrain connu, sur des chemins où je vais régulièrement me balader. Petit à petit je m’éloigne de la pollution et du bruit, je traverse les villes de banlieue de plus en plus distantes les unes des autres, jusqu’à me retrouver de nouveau au milieu des champs et des forêts.
Egaré en forêt de Rougeau.
Ça sera d’abord la grande forêt de Sénart, puis celle de Rougeau où je me perds dans la broussaille, je traverse ensuite la Seine puis vais perdre encore un peu de temps dans une base de loisir sans issue. A peine 45 kilomètres et je sens déjà une baisse de puissance du bolide. Pourtant je n’ai pas l’impression d’avoir trop forcé depuis le départ… il faut croire qu’il y a de bonnes et de moins bonnes recharges. Tant-pis, je repère une zone commerciale à Villiers-en-Bière et m’arrête plus tôt que prévu, de nouveau dans un Mac Do. Ce que j’aime dans les fast-food c’est que je peux squatter l’électricité sans scrupule pendant des heures, sans me sentir obligé de reprendre quelque chose à manger ou à boire de temps en temps.
Je profite du Wi-Fi pour chercher un hôte sur Warm Showers, mais il y a peu de monde dans le secteur où je me dirige, en tout cas peu à avoir renseigner le numéro de téléphone sur le site, et je n’ai pas le temps d’attendre une réponse par mail pour le soir même. Je fais deux tentatives, deux échecs : l’un indisponible, l’autre a déménagé. Décidément, j’avais vraiment eu de la chance pour le premier essai chez Catherine et François dans l’Aisne où ça avait été réglé en deux SMS. J’ai repéré également une auberge de jeunesse à Cepoy dans le Loiret, mais c’est un peu loin, je ne suis pas certain d’arriver jusque là bas, surtout si mon autonomie est aussi paresseuse que ce matin. Pour couronner le tout, il se met à pleuvoir et de grosses averses sont prévues pour le reste de la journée. C’est pas gagné, pour une fois je ne suis pas pressé que le voyant devienne vert…
Je prépare l’imperméable, et m’apprête à passer une mauvaise soirée.
Lundi 5 octobre, 17h, cette recharge aura été longue pour n’avoir roulé que 45 kilomètres avant. Le voyant se décide à changer de couleur au moment où la pluie semble se calmer… il est temps de partir.
 
Je prends la route en direction de Fontainebleau, une grosse départementale à double voie dans chaque sens. En comparaison, celle qui m’avait amené à Saint-Quentin quelques jours plus tôt pourrait paraître tranquille à côté. Heureusement, il n’y a pas trop de camions, et un accotement est prévu pour les vélos. Mais il pleut, les voitures m’éclaboussent et la nuit ne va plus tarder. Je focalise toute mon attention sur la ligne blanche, et prends mon mal en patience en espérant que ce tronçon ne durera pas trop longtemps. Malheureusement ça dure, ça dure beaucoup trop, je ne vois pas le bout, c’est interminable. Et je n’ai pas d’autre alternative, cette voie traverse la forêt de Fontainebleau, il y aurait bien des chemins dans les bois mais avec la pluie, c’est boueux et ça me ferait rouler trop lentement pour sortir de la forêt avant la tombée de la nuit. Je reste donc dans ce couloir de la mort en restant concentré, avec mes diodes rouge clignotant à l’arrière qui font effet car tous les véhicules me dépassent avec beaucoup de marge de sécurité. Je trouve ça quand même scandaleux que ça ne soit pas interdit aux vélos et aux piétons, j’ai l’impression d’être au bord d’une autoroute.
 
Je finis par pouvoir quitter ce cauchemar un peu avant Nemours, très jolie ville au bord du canal du Loing. Si j’étais raisonnable je chercherais un endroit pour dormir ici, mais il me reste beaucoup d’autonomie, ça serait dommage d’avoir passé tout ce temps au fast-food pour ne pas consommer tous ces watts-heure restant. Je suis gourmand, je continue à avaler les kilomètres de bitume, alors que la nuit tombe.
Plus je m’éloigne de Nemours, moins il y a d’éclairage public, et je finis par me retrouver dans le noir total, sur le chemin de halage qui suit le cours d’eau. Cette fois c’est bon, j’ai bien vidé la batterie, mais je suis au milieu de nulle part. Je savais que je n’étais pas raisonnable, mais j’étais prêt à passer une mauvaise nuit, car j’en avais passé trois bonnes consécutives ce week-end. Je continue à pied en tenant la torche d’une main et en poussant la roue de l’autre, jusqu’au village de Nargis. La majorité des volets sont fermés, il n’y a personne dans les rues. Arrivé sur la place du village, rien ne bouge, pas un bruit. Une femme sort de chez elle pour promener son chien, ça sera ma seule chance d’aborder quelqu’un, sinon il faudra sonner aux portes. Peu aimable, elle me prétexte que son compteur a des problèmes lorsque je lui parle de charger le monstre. Et elle s’en va en laissant la lumière allumée. Je n’insiste pas, je ne me voyais pas passer la soirée avec elle de toutes façons. J’ai dû lui faire peur avec ma capuche dans cette ruelle peu éclairée…
 
Je trouve alors une cour avec le portail ouvert, qui semble être un espace public avec une bibliothèque, une salle polyvalente, un préau et des toilettes publiques. Je rentre dans les toilettes, je détache le radiateur électrique du mur pour dénicher une prise, la roue étant prioritaire au chauffage. Raté, son câble est directement relié au mur, sans prise. C’est en ressortant que je distingue dans l’obscurité un interrupteur et une prise de courant en hauteur sur l’un des poteaux du préau. Je m’empresse de sortir mon chargeur, pour vérifier l’état de fonctionnement de cette vieille installation… Victoire ! Le voyant s’allume, je vais donc passer la nuit sous ce préau, il ne fait pas trop froid, c’est calme, j’ai un toit, et même des toilettes, tout va bien.
 
 

Dimanche 4 octobre 2015

En route vers le sud

Dimanche 4 octobre, était organisé dans un skate-park, un évènement filmé par des professionnels pour les acrobates à roulette, à la suite duquel j’étais sensé repartir accompagné pour les premiers kilomètres sur les bords de Seine. Mais ça a trainé, la nuit approchant et ne sachant pas où j’allais dormir, j’ai pris la sage décision de retourner chez moi pour m’éviter de finir sous un pont, ou dans un hôtel à 60 euros la nuit à quelques kilomètres de mon appartement. Faux départ.
Au lac de Créteil, avec des supporters.

VENDREDI 2 OCTOBRE 2015

Vendredi 2 octobre, 15h30, ventre plein, roue chargée, je suis prêt à repartir du restaurant pour 50 km jusqu’à Meaux, où Vincent, un lecteur de ce blog, m’a gentiment proposé de m’accueillir pour la nuit. Je quitte Pierrefonds, en passant devant le grand château qui domine la ville, et suis aveuglement le tracé proposé par le GPS, qui me fait emprunter, une fois de plus, des chemins plus improbables les uns que les autres. C’est ainsi que je me surprends à franchir un chantier en construction, un circuit de motocross abandonné en pleine forêt, puis un vague chemin approximatif entre deux champs labourés, ou encore la cour d’une ferme que je traverse sous le regard d’un paysan sur son tracteur, qui à dû se poser quelques questions en voyant passer cet extra-terrestre à toute allure.
Les 20 derniers kilomètres avant Meaux sont plus classiques. Je progresse rapidement de village en village par de petites routes et c’est ainsi que j’arrive en région Ile-de-France, en cette fin d’après-midi.
Arrivé à Meaux, je suis accueilli chez Vincent, sa femme Sylvie et leurs deux enfants. Nous parlons entre autre de mon voyage, puis après une douche et un bon repas, je me couche et m’endors instantanément.
Avec Vincent devant la cathédrale de Meaux.
 

Vendredi 2 octobre, 8h30, nuit assez mauvaise à cause du froid et du bruit des voitures qui étaient bien plus présentes au levé du jour que ce à quoi je m’attendais. En arrivant de nuit, il m’avait semblé être à côté d’une petite route paisible de campagne, mais au réveil j’ai été surpris par un flux quasi-continu de véhicules. Je sors de ma planque par la fenêtre avec mon bolide, sous le regard surpris des automobilistes puis je commence la traversée de la gigantesque forêt de Compiègne.

Au début les chemins sont boueux, puis sableux, je patine, ma vitesse moyenne est très lente, je manque de tomber à plusieurs reprises, j’ai l’impression que je vais passer la journée entière dans cette forêt. Mais je préfère ça plutôt que de rouler à 25 km/h aux côtés des poids lourds, et de toutes façons je ne suis pas pressé.
Dans la forêt de Compiègne.
Je finis par trouver une piste cyclable, qui ne prend pas la direction souhaitée, mais c’est trop tentant, une si belle piste en bitume au milieu des bois. Je me lance donc droit vers l’Est jusqu’au charmant village touristique de Pierrefonds, à la lisière de la forêt, où j’ai l’embarras du choix pour offrir une charge bien méritée à ma roue, essoufflée après cette étape tout-terrain.
Choisy-au-Bac, au bord de l’Aisne.
Depuis hier, ma vitesse de progression a diminuée, je commence à fatiguer, et j’envisage sérieusement de faire une pause ce week-end. Autant en profiter, l’itinéraire que j’ai suivi me fait passer près de chez moi… En attendant, ce soir j’ai déjà prévu mon point de chute, ce sera à Meaux. Il me reste 50 km pour y arriver, ma batterie est bientôt chargée, je vais reprendre la route vers 16h après avoir digéré ma pizza ch’ti au maroilles.
A demain, pour la dernière étape avant une vraie pause bien méritée.

JEUDI 1er OCTOBRE 2015

L’Oise

 

Jeudi 1er octobre, 10h, première vraie bonne nuit de sommeil depuis le début de l’aventure, je profite de cette belle et grande maison pour prendre un petit-déjeuner et une douche avant de partir. Je dis au revoir à mes hébergeurs puis je repars sur les routes picardes, en essayant de garder le plus souvent possible sur ma gauche, le soleil toujours aussi fidèle depuis le début du voyage.
Jusqu’à Saint-Quentin, la route est très fréquentée, notamment par des camions qui ne se poussent pas beaucoup. Je passe mon temps à me retourner pour les voir arriver et me mettre sur le bas-côté. C’est pour l’instant le premier passage vraiment désagréable mais je n’ai pas trouvé de chemin parallèle.
Arrivé à Saint Quentin, en vie, j’essaie de rejoindre le fleuve de la Somme, mais je me perds. La journée commence assez mal, heureusement que j’ai bien dormi.
Je finis par trouver le chemin de halage où je rencontre de nombreux pêcheurs. Je suis ce cours d’eau quelques kilomètres, puis lorsque sa direction ne me convient plus, et afin d’éviter de me retrouver face à la Manche dans quelques jours, je reprends la direction du sud sur des chemins de terre au milieu des champs.
J’ai déjà fait 50 kilomètres depuis ce matin, et je commence à guetter les prises en traversant les villages. J’en trouve une dans la cour d’un bâtiment municipal… déception, elle n’est pas alimentée. Je commence à m’inquiéter, car je ne traverse que des petits villages inanimés et ma roue manque de plus en plus de puissance, à tel point que je préfère la pousser dans les montées pour l’économiser. Elle me remercie et m’emmène finalement sans caprice, malgré les 65 kilomètres parcourus, jusqu’à Noyon où je trouve un Mac Donald en périphérie de la ville.
Il est 17h, je contacte trois personnes susceptibles de m’héberger à Compiègne, à 25 kilomètres de là, mais je suis conscient de m’y prendre un peu tard, je n’ai pas de réponse positive. Je vais donc squatter le fast-food jusqu’à sa fermeture et repartir de nuit. Ce n’est pas l’idéal, mais le plus important quand on ne sait pas où l’on va, c’est d’avoir les batteries bien pleines.
La nuit va être dure, il est possible que ce soit une autre nuit blanche, mais je sais que demain, si tout va bien, je devrais être en région parisienne, et je pourrai dormir dans mon lit !
Jeudi 1er octobre, 23h, fermeture du fast-food où je suis resté tout de même 7 heures ! Autant j’avais beaucoup apprécié ma ballade nocturne au sud de la Belgique, mais cette fois ci, il fait plus froid, la lune est moins présente, je suis fatigué et j’ai attrapé un gros rhume. Je longe le canal de l’Oise avec l’aide de ma lampe torche, puis après seulement une douzaine de kilomètres, je repère une petite cabane abandonnée en bord de route. Je rentre par la fenêtre et m’installe dans mon sac de couchage. Malgré la fatigue, j’ai du mal à m’endormir car il fait très froid, j’ai mis plusieurs épaisseurs de vêtements, mais ça ne suffit pas. Je finis quand même par m’endormir à côté de ma roue, qui pour la première fois va terminer la nuit à l’arrêt non branchée.

Le Nord et l’Aisne

Mercredi 30 septembre, midi , ça fait déjà presque six heures que je suis à la gare de Maubeuge, il n’y a qu’une prise accessible et aucun moyen de brancher ma multriprise. La roue étant prioritaire, tous mes autres appareils sont en fin de batterie, et je suis mal installé, assis par terre, je m’apprête donc à repartir même si la charge n’est pas terminée. C’est au moment de me lever que je vois le voyant changer de couleur. Parfait, quel timing !
J’ai du mal à quitter Maubeuge, je me perds dans des impasses, des rues bloquées par des travaux, même le chemin de halage est fermé. Je suis obligé de passer par des routes très fréquentées, souvent sans trottoir et trop étroites pour que les voitures puissent me doubler. Ma GotWay émet de nombreux bips sonores car je pousse la vitesse au maximum pour m’intégrer à la circulation sans trop gêner. Je consacre toute ma concentration à ma conduite car c’est dangereux, je ne dois pas faire d’écart. Dès que j’ai une occasion de me ranger sur le côté, je laisse passer les voitures et je vérifie sur le GPS que je me dirige bien vers le cours d’eau où j’espère que cette fois le chemin sera accessible.
C’est à Hautmont que je réussis enfin à retrouver la Sambre, le fameux canal par lequel je suis arrivé tôt ce matin avant le levé du jour. Je suis les méandres pendant longtemps sur un chemin souvent cabossé. La boite aux lettres tient bien le coup, pourtant je la fais souffrir. Je commence à sentir une petite douleur aux genoux, heureusement je finis par retrouver le bitume, ce qui me permet de mettre tout mon poids assis sur la boîte, et me reposer pendant la très longue traversée de la forêt de Mormal. Je sors du bois après plusieurs kilomètres sans le moindre virage et je continue de rouler sur des petites routes communales au milieu des champs jusqu’à la ville du Cateau-Cambrésis. Je cherche un endroit pour manger et charger les batteries, mais il est déjà 16h et je ne trouve rien d’autre qu’un bar. Ça sera donc deux verres, le ventre toujours vide.
J’ai contacté un couple quelques heures plus tôt, François et Catherine, qui accueillent régulièrement des cyclo-randonneurs chez eux par l’intermédiaire de Warm Showers. Je programme le GPS et c’est reparti pour une heure sur des routes départementales un peu trop fréquentées à mon goût, mais suffisamment larges pour que les voitures se déportent.
Arrivé chez mes hôtes, je ne trouve personne et je commence à faire connaissance avec les deux chats, au milieu d’un amoncellement de bordel remplissant la cour. Moi qui aime le désordre, je vais me sentir chez moi ici. François arrive, nous faisons connaissance, il me fait visiter les lieux, puis nous nous mettons à table lorsque sa femme arrive. Très bon accueil, c’est une super première expérience grâce à ce site communautaire que je n’avais pas encore eu l’occasion d’essayer.
En compagnie de mes hôtes : Catherine et François.

 J’ai chargé chez François et Catherine.

MERCREDI 30 SEPTEMBRE 2015

Pays-Bas et Belgique en moins de 3 jours

 

Lundi 28 septembre, 16h, je suis resté pas loin de 5h à la terrasse du restaurant mais le voyant du chargeur n’est pas encore vert. Tant pis il faut y aller, l’objectif étant de dormir à Anvers. Avant de partir j’ai repéré une auberge de jeunesse à 15€ la nuit, car je n’ai pas trop envie de dormir sur du béton deux nuits à la suite. J’ai réglé le GPS sur cet objectif… voyons le chemin que va me proposer Google Maps avec l’option “itinéraire vélo”. Environ 50 kilomètres sur des petites routes au milieu des champs de maïs, dans les bois, à travers des petits village… Certain chemins en forêt sont tellement perdus que je suis étonné que Google les connaisse.
Vers 18h je passe déjà la frontière belge. Dans ce pays, les pistes cyclables sont moins nombreuses et en moins bon état, mais les routes que j’emprunte sont tellement peu fréquentées par les voitures que ce n’est pas gênant.
Après un peu moins de 3 heures de route, je traverse le port d’Anvers, et il reste encore suffisamment de batterie pour aller au moins de l’autre côté de la ville. Mais je décide d’en rester là, l’auberge que j’ai repéré me semble bien et je n’ai pas envie de me prendre la tête.

MARDI 29 SEPTEMBRE 2015

Mardi 29 septembre, 8h30, je me réveille, je profite d’un bon petit déjeuner, d’une douche et je mets un peu d’ordre dans mes affaires. Puis à 10h je pars sous le regard étonné des responsables de l’auberge, qui semblaient n’avoir jamais vu ce genre d’engin, encore moins avec un fou qui arrive d’Amsterdam assis sur une boite aux lettres pour aller jusqu’en France.
Je suis parti un peu trop tard ce matin, c’est l’inconvénient d’avoir du confort, c’est plus difficile de repartir. Pour rattraper le temps perdu j’emprunte une piste cyclable en ligne droite le long de l’autoroute qui va d’Anvers à Bruxelles. Une très très longue ligne droite, ennuyante et bruyante, mais très rapide. Les vingt derniers kilomètres, j’arrête de longer l’autoroute pour suivre un canal jusqu’à Bruxelles.
Bruxelles
En arrivant à l’entrée de la ville, j’ai du mal à le croire mais il me reste encore deux des quatre voyants allumés. Elle m’étonnera toujours l’autonomie de ce MSUPER ! Puisqu’il semble encore avoir envie de rouler, je me ballade un peu dans le centre-ville, puis je trouve un restaurant dans la banlieue sud où je peux charger la bête en mangeant choux et saucisses, avec une bonne bière belge évidemment. Et comme à chaque pause midi, il faut faire durer pour charger au maximum la roue, donc je redemande un verre de temps en temps en m’occupant sur mon ordinateur. Mais impossible d’accéder au wifi, et je suis arrivé tard… ça ne sera qu’une demie charge pour cette fois.
Vers 17h, je reprends la route en direction du sud en suivant ma boussole. Après quelques kilomètres en banlieue, le temps de m’éloigner de la capitale, je me retrouve par hasard sur un petit chemin de forêt au bord d’un cours d’eau, puis rapidement je rejoins le canal Bruxelles Charleroi pendant de nombreux kilomètres. La roue n’ayant pas été chargée à fond, elle commence déjà à montrer des signes de fatigue au bout de 35 kilomètres. Je quitte le canal pour rejoindre la ville de Seneffe, où j’aborde une femme qui me propose d’essayer de trouver une prise à la station-service. Il est 19h et je lui explique que je n’ai pas trop envie de dormir dehors, elle m’indique alors un hôtel 10 km plus au nord… Je continue ma route pour essayer de trouver des gens plus hospitalier, et je passe alors devant la fameuse station-service. Miracle ! Il y a une prise cachée dans une petite allée à côté des pompes à essence. Ma roue étant terriblement affamée, je décide de m’arrêter un peu. Je m’allonge sur un muret en regardant les étoiles… et six heures plus tard, je vois le voyant passer au vert. Je n’ai pas sommeil et il fait froid. Pour me réchauffer, je ne vois qu’une solution : rouler !

LUNDI 28 SEPTEMBRE 2015

Lundi 28 septembre, 6h40, allongé sur le sol de mon petit squat, la tête appuyé contre ma belle roue chargée à bloc. Personne n’est venu déranger mes sept heures de sommeil. Je n’ai pas très bien dormi mais suffisamment pour attaquer la route dès 7h du matin. La difficulté de cette matinée a été de trouver les ponts et tunnels permettant de traverser les quelques fleuves au sud de Rotterdam. Cela m’a fait faire quelques détours vers l’est ou vers l’ouest, mais j’ai fini par arriver à Steenbergen où ma GotWay et mon estomac commençait à sérieusement réclamer à manger.
Les 130 premiers kilomètres en moins de 24 heures !
A la terrasse d’un restaurant, je rédige cet article en dégustant une omelette et des bières belges. Pour l’instant, je n’ai eu ni le confort nécessaire, ni le temps, ni la motivation de faire un montage de mes vidéos. Si j’arrive à rédiger un article tous les jours ça sera déjà bien. Mais tant que je suis à l’étranger, n’ayant pas de connexion à internet sur mon téléphone ça complique les choses.
A bientôt, en Belgique certainement !

 

DIMANCHE 27 septembre 2015
Salut tout le monde !
Ça y est, je me suis lancé ! Le week-end à Amsterdam a été psychologiquement difficile, j’ai eu de gros doutes vendredi et samedi à propos de la faisabilité de mon périple, à tel point que j’ai failli revenir à mon projet initial qui était de partir de Paris, mais les autres wheelers m’ont convaincu de partir d’ici. Dimanche, en leur compagnie, j’ai fait le grand saut !
Dimanche 27 septembre, 14h30, après un dernier verre avec les 11 autres wheelers de Paris, je me suis donc lancé, sous le soleil, le long de l’Amstel, un canal d’une trentaine de kilomètres au sud d’Amsterdam. C’était un départ émouvant, je ne savais pas vers quoi j’étais en train de m’aventurer, j’étais un peu inquiet, d’autant plus que tout avait été organisé à l’arrache. Mais quelle bêtise cela aurait été de ne pas partir depuis les Pays-Bas, où il semble y avoir plus de pistes cyclables que de routes. Jamais je n’ai pris autant de plaisir à rouler. Le bord du canal était tellement agréable, et l’itinéraire parfaitement dans la bonne direction, et si simple à trouver, que je me suis retrouvé en fin d’après-midi déjà à une cinquantaine de kilomètres du point de départ, sans quasiment avoir mis le pied à terre.
Après une petite pause recharge à Nieuwerkerk dans un bar à bières avec une bonne ambiance, je suis reparti pour une petite vingtaine de kilomètres jusqu’à Rotterdam. Jamais je n’aurais imaginé passer la première nuit aussi loin du point de départ, surtout en partant seulement l’après-midi. Par contre quelle galère pour trouver un endroit où dormir, j’ai marché en poussant la roue dans le sud de Rotterdam pendant plusieurs heures en abordant quelques personnes, qui m’ont simplement conseillé des hôtels de luxe ou des endroits que je n’ai jamais réussi à trouver. J’ai même rencontré un jeune surinamien qui a marché une quarantaine de minutes avec moi, et m’a proposé de dormir chez son meilleur ami. J’étais content d’avoir enfin trouvé un toit… jusqu’à ce qu’il me demande de lui donner 30€ en espèce, qu’il ferait un virement à son ami sensé rentrer du boulot 10 minutes après, mais lui ne pouvait pas attendre… Je suis un peu naïf mais quand même ! J’ai préféré aller dormir dans le sous-sol d’un building, où j’ai trouvé deux prises de courant, c’était pas le luxe, mais pour une cave, c’était pas si mal : plus ou moins propre, chauffé et surtout gratuit.

MARDI 22 SEPTEMBRE 2015 : PRESENTATION DU PROJET

Je m’appelle Ugo, j’ai 27 ans, et je vais parcourir environ 1500 km en monocycle électrique. Le départ aura lieu dimanche 27 septembre 2015 à Amsterdam en compagnie d’une dizaine de wheelers parisiens. L’objectif sera de rouler jusque dans les Hautes-Pyrénées, en improvisant l’itinéraire au fur et à mesure durant 3 semaines.

J’intitule ce projet “J’irai charger chez vous” en clin d’oeil à l’émission d’Antoine de Maximy. L’idée est de faire un voyage en profitant du fait que la “wheel” attire la curiosité et simplifie la discussion avec les gens, pour essayer d’aller dormir chez eux : “Voici une roue électrique… Je traverse la France dessus cet engin… Je le charge et je dors chez les habitants qui acceptent de m’accueillir…”.
En cas d’échec, ce qui arrivera forcément, je chercherai une auberge de jeunesse, un hôtel ou un camping à proximité… sinon une gare avec une prise et un banc, ou encore une ferme avec une prise et un tas de foin. Tant qu’il y aura une prise de courant, tout ira bien, je pourrai continuer d’avancer, le reste n’a pas d’importance.
La roue électrique utilisée pour ce périple est un GotWay MSUPER, acheté chez EROUE, avec une batterie de 850Wh permettant de parcourir au moins 60 km sans recharger. En cas de panne j’ai prévu du matériel de remplacement et quelques outils. Pour éviter de me perdre complètement, j’ai une boussole et une montre GPS qui enregistrera la trace de mon parcours. Enfin, pour partager l’aventure avec vous et garder des souvenirs, je suis équipé d’une caméra Gopro et d’un petit ordinateur portable avec logiciel de montage vidéo.
Une boîte aux lettres américaine fixée sur la roue
fait office de coffre et de siège.
Merci Sylvain le bricoleur !
Je posterai le plus régulièrement possible, tout au long de mon voyage, des articles sur ce blog avec des photos et des vidéos.
Départ de l’aventure dans quelques jours !